Jean-Claude Amiard

Jean-Claude Amiard est Directeur de Recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) détaché à l’Université de Nantes (France).

Il a effectué toutes ses études de Licence, de Maîtrise et de DEA d’Océanographie Biologique à l’Université P. et M. Curie (Paris 6). Il a soutenu sa Thèse de Spécialité en 1972 et sa Thèse de Doctorat d’État en 1978 en Radioécologie Marine également à l’Université P. et M. Curie (Paris 6). Il a ensuite passé son HDR (Habilitation à Diriger des Recherches) en 1987 sur le transfert des polluants métalliques dans les chaînes trophiques marines à l’Université de Nantes.

Il est Professeur Associé à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) depuis 1994.

Il est depuis 1986 Chef du Service d’Ecotoxicologie de l’Université de Nantes.

Il a été Membre pendant quatre années du Comité National de la Recherche Scientifique.

Reconnu sur la scène scientifique nationale et internationale,  Jean-Claude Amiard a développé de nombreuses collaborations de recherche avec des chercheurs français et étrangers.

Ses projets de recherches concernent l’importance des Etres Vivants dans les cycles biogéochimiques des éléments métalliques.

Courriel:

Jean-Claude.Amiard@isomer.univ-nantes.fr

Tél. / Télécopieur : (33) 02 51 12 56 77

RECHERCHE:

Ses activités de recherches comprennent deux périodes assez distinctes :

  • la préparation des thèses de Spécialité et d'État effectuée au Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) où les études des transferts des éléments métalliques ont été réalisées à l'aide des traceurs radioactifs (1970-1978) ;

  • la période post-doctorale pendant laquelle les études, in situ et expérimentales, des cycles biogéochimiques des métaux traces ont été menées à l'aide d'analyses des éléments stables (1978-1999).

Au cours de la dernière décennie, il a réorienté son activité scientifique vers l’étude de la biodisponibilité réelle des éléments métalliques au sein des réseaux trophiques ayant constaté que la détermination des concentrations métalliques globales dans une espèce proie avait peu de signification pour évaluer ce qui serait incorporé par le prédateur.

Le devenir et les effets des métaux de l'environnement sont contrôlés principalement par leurs formes physico-chimiques dans l'eau de mer, les sédiments et les organismes. Pour mieux appréhender cette notion de biodisponibilité et son impact dans les phénomènes de transfert trophique une nouvelle méthodologie a été mise au point. Elle est basée sur la compartimentation des métaux chez les organismes marins au niveau tissulaire.

La connaissance de la distribution tissulaire et cellulaire des composés liant les métaux est en effet indispensable pour évaluer le risque associé à leur incorporation. Une approche préliminaire consiste à séparer le cytosol de la fraction insoluble des tissus, incluant les composés minéraux responsables de la liaison de certains métaux. Au sein du cytosol, il convient dans une deuxième étape d'isoler les protéines apparentées à la métallothionéine selon une technique basée sur leur stabilité à la chaleur tandis que parmi les composés thermolabiles seront présentes les enzymes dont les polluants métalliques sont susceptibles de perturber le rôle métabolique. Les quantités de métaux associées aux différentes fractions sont ensuite déterminées par spectrométrie d'absorption atomique.

Ultérieurement, il convient de caractériser plus précisément les différentes fractions. En ce qui concerne les fractions insolubles, les méthodes histochimiques et les différents types de microanalyse physique ont permis de préciser la nature de diverses concrétions minérales liant les métaux: sulfure cuivrique et des phosphates de plomb et de zinc chez des Mollusques marins, sulfure d'argent chez des Bivalves et vraisemblablement séléniure mercurique chez des Mammifères marins.

En ce qui concerne la fraction soluble, l'intérêt de nombreux chercheurs s'est focalisé sur les métallothionéines (MTs) qui pourraient être envisagées comme indicateur biochimique de contamination par les ions métalliques. Toutefois, de nombreuses hypothèques doivent être levées quant à leur rôle métabolique et les autres protéines de liaison des métaux ne doivent pas être négligées.

Les formes physico-chimiques de stockage contrôlant le devenir et les effets des métaux chez les organismes, pour apporter sa contribution à cette problématique, J-C Amiard a retenu un modèle biologique appartenant aux Invertébrés. Ce modèle est représentatif des consommateurs primaires, ce sont les Mollusques Bivalves filtreurs et principalement l'Huître. Par ailleurs, nos recherches fondamentales ne devant pas être déconnectées des recherches appliquées, les espèces que nous étudions donnent lieu à une consommation humaine importante et donc un risque sanitaire direct.

PUBLICATIONS

  1. AMIARD-TRIQUET C., ALTMANN S., AMIARD J.-C., BALLAN-DUFRANCAIS C., BAUMARD P., BUDZINSKI H., CROUZET C., GARRIGUES P., HIS E., JEANTET A.Y., MENASRIA R., MORA P., MOUNEYRAC C., NARBONNE J.F. & PAVILLON J.F., 1998. Fate and effects of micropollutants in the Gironde estuary, Fr.: a multidisciplinary approach. Hydrobiologia 373/374, 259-279.

Cette publication est le résultat d’un travail pluridisciplinaire sur un site pollué par divers métaux (Cd, Cu et Zn notamment).

  1. MOUNEYRAC C., AMIARD J.C. & AMIARD-TRIQUET C., 1998. Effects of natural factors: salinity and body weight on cadmium, copper, zinc and Metallothionein Like Protein levels in resident populations of oysters (Crassostrea gigas) from a polluted estuary. Mar. Ecol. Prog. Ser., 162, 125-135.

Dans cet article nous montrons l’influence de divers facteurs biotiques et abiotiques sur la bioaccumulation des éléments métalliques et sur l’induction d’un biomarqueur « spécifique ».

  1. AMIARD J.-C., CAQUET T. & LAGADIC L., 1998. Les biomarqueurs parmi les méthodes d évaluation biologique de la qualité de l’environnement. In : Utilisation des Biomarqueurs pour la Surveillance de la Qualité de l’Environnement. Lagadic L., Caquet T., Amiard J-C. & Ramade F., eds., Lavoisier, Tec & Doc, Paris, XXI-XXXI.

Ce chapitre d’un ouvrage sur l’utilisation des biomarqueurs présente les diverses méthodologies d’études de la surveillance de la qualité de l’environnement.

  1. AMIARD J.-C. & BERTHET B., 1996. Fluctuations of cadmium, copper, lead and zinc concentrations in field populations of the Pacific Oyster Crassostrea gigas in the bay of Bourgneuf (Atlantic coast, France). Ann. Inst. Oceanogr., 72 (2), 195-207.

Cette publication reprend des travaux relativement anciens qui sont parmi les premiers ayant utilisé les transplantations d’organismes sélectionnés de façon à mieux appréhender l’influence des variations des facteurs biotiques et abiotiques sur la bioaccumulation.

  1. AMIARD J.-C., ETTAJANI H., JEANTET A.Y., BALLAN-DUFRANCAIS C. & AMIARD-TRIQUET C., 1995. Bioavailability and toxicity of sediment-bound lead to a filter-feeder bivalve Crassostrea gigas (Thunberg). BioMetals, 8,(4) 280-289.

Cet article est un exemple des études de transferts trophiques des éléments métalliques qui ont été effectuées par Jean-Claude Amiard.

 

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SEME

modifié le mardi 01 mars 2005